Le point de basculement climatique est arrivé, mais il est temps d'agir
Auteur : Stan Rhodes
Depuis plus de trente ans, SCS s'efforce de certifier en toute indépendance les initiatives des entreprises et des organisations qui s'engagent à mieux préserver l'environnement et à améliorer concrètement la vie des travailleurs et des consommateurs. Grâce à notre travail, nous avons eu la chance d'être aux premières loges pour voir le concept de durabilité s'imposer et devenir un paradigme dominant tant sur le plan commercial que culturel. Cependant, tous ces efforts seront vains si nous ne parvenons pas à maîtriser le changement climatique et à répondre à l'urgence d'agir.
La menace d’un changement climatique irréversible plane depuis des années. Les scientifiques ont élaboré des scénarios pour prédire les impacts sur les systèmes terrestres, tandis que les décideurs politiques ont débattu de l’opportunité, du moment et de la manière de réagir à ces prévisions. Cependant, la hausse soudaine des températures mondiales observée au cours des trois dernières années, ainsi que les impacts qui l’accompagnent, ont mis cette question en évidence de manière flagrante. L'ensemble des données montre qu'avec une température mondiale moyenne supérieure d'environ 1,2 °C à celle de l'ère préindustrielle, nous avons désormais atteint le seuil d'un changement climatique irréversible –bien en dessous de l'objectif maximal de +2 °C fixé par l'Accord de Paris (COP 21) et bien avant les délais prévus.
Augmentation de 50 % de la hausse de la température mondiale depuis 2013

De 1750 à 2013, la température mondiale moyenne a augmenté – d’abord progressivement, puis à un rythme croissant – pour atteindre environ 0,8 °C au-dessus du niveau de référence préindustriel. Depuis 2013, cependant, le rythme du changement s'est considérablement accéléré, la température mondiale moyenne ayant bondi de 50 % pour atteindre +1,2 °C, puis ayant temporairement augmenté de 80 % au cours des premiers mois de 2016 pour atteindre +1,5 °C. En d'autres termes, la Terre a atteint une température que l'on ne prévoyait pas avant le milieu du siècle.
Cette hausse sans précédent des températures mondiales a déjà déclenché des changements structurels majeurs et irréversibles au sein des écosystèmes terrestres, notamment la destruction des récifs coralliens à l'échelle mondiale, la désoxygénation des océans, des super-typhons, des sécheresses et des inondations extrêmes, des incendies de forêt gigantesques, des répercussions considérables sur la faune et la flore sauvages, une fonte sans précédent de la banquise arctique, ainsi qu'une accélération alarmante de la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique, qui va précipiter l'élévation du niveau de la mer.
Il est désormais crucial de réduire sans délai et de manière significative la chaleur atmosphérique afin de stabiliser la température moyenne mondiale à un niveau égal ou inférieur à ce seuil critique de +1,2 °C. Vous vous dites peut-être : « Ce n’est pas possible. » En effet, les négociateurs de la COP 21 ont quitté la table des négociations sans plan pour maintenir les températures en dessous de +3,7 °C d’ici la fin du siècle. Mais, aussi désespérée que soit devenue la situation, nous avons encore une chance de renverser la tendance dans cette course contre la montre climatique.
Une feuille de route pour l'avenir fondée sur le cinquième rapport d'évaluation du GIEC
Cette opportunité découle du cinquième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Ce rapport – fruit du consensus de milliers de climatologues du monde entier – proposait une nouvelle approche pour évaluer l'avenir de notre climat et examiner nos options en matière d'atténuation. Il s'agit d'une avancée majeure qui s'affranchit des limites de la comptabilité climatique actuelle et constitue une véritable percée.
Les nouveaux protocoles de l'IPCC, associés à une analyse d'impact sur l'ensemble du cycle de vie, nous permettront d'évaluer chaque option de projet d'atténuation sur un pied d'égalité, tant en termes d'efficacité relative pour réduire le « forçage radiatif » (le principal facteur de la hausse des températures) que de conséquences négatives potentielles et imprévues sur l'environnement et la santé humaine. Je me réjouis de vous en dire plus sur ces protocoles dans un prochain article.
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