Ce que les importateurs de l'UE et les fabricants hors UE doivent savoir concernant la vérification dans le cadre du CBAM
Points clés : la traçabilité des produits forestiers en 2026
- La période d'application définitive du CBAM a débuté le 1er janvier 2026. L'obligation financière s'accumule dès à présent, et non à partir de 2027.
- La première date limite pour la déclaration annuelle et la restitution des certificats est fixée au 30 septembre 2027 ; elle concerne les émissions liées aux biens importés au cours de l'année 2026.
- Les valeurs par défaut sont assorties d'une majoration qui augmente chaque année : 10 % en 2026, 20 % en 2027, 30 % en 2028.
- Un seuil unique de 50 tonnes détermine désormais les obligations au titre du CBAM, remplaçant l'ancienne règle de la valeur de l'envoi de 150 euros.
- La vérification est effectuée sur le site du constructeur situé hors de l'UE. L'importateur européen (ACD) est légalement tenu de déclarer ces données, mais celles-ci proviennent de l'étranger.
- Au troisième trimestre 2024, plus de la moitié des importateurs continuaient à déclarer des valeurs par défaut, alors même que la déclaration des valeurs réelles était devenue obligatoire cet été-là.
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l'Union européenne est en vigueur depuis janvier 2026, mais la plupart des importateurs de l'UE ne disposent toujours pas de données vérifiées et réelles concernant les émissions de toutes leurs installations et de tous les produits concernés par le CBAM. À chaque trimestre qui s'écoule depuis l'entrée en vigueur de cette législation, les obligations financières s'accumulent.
Par ailleurs, les valeurs par défaut sont désormais majorées de 10 à 30 %, ce qui rend de plus en plus coûteux de ne pas utiliser ni déclarer les valeurs réelles. C'est la vérification par un tiers qui permet d'obtenir ces chiffres inférieurs, correspondant aux valeurs réelles, et la déclaration du 30 septembre 2027 constitue le moment tout indiqué pour la mettre en place.
Afin d'accompagner les organisations qui souhaitent tirer le meilleur parti de ce calendrier essentiel, notre équipe chargée de la vérification dans le cadre du CBAM a élaboré une présentation générale expliquant le fonctionnement de la pré-vérification volontaire et de la vérification obligatoire par un tiers dans le cadre du CBAM en 2026.
Quels changements ont été apportés lors de la période définitive de la CBAM ?
À compter du 1er janvier 2026, le CBAM est devenu un mécanisme de conformité financière applicable aux importations concernées dans l'Union européenne. Le régime définitif s'articule autour de déclarations annuelles, de certificats CBAM et de données d'émissions vérifiées, sur la base desquelles les valeurs réelles sont utilisées.
- Exigence d'autorisation : les importateurs, ou leurs représentants en douane indirects le cas échéant, doivent détenir le statut de déclarant CBAM agréé avant d'importer des marchandises soumises au CBAM dont la valeur dépasse le seuil applicable.
- Seuil des 50 tonnes : la simplification prévue par la loi Omnibus (Règlement (UE) n° 2025/2083) a remplacé l'ancien critère fondé sur la valeur par envoi par un seuil unique basé sur la masse, fixé à 50 tonnes par importateur et par an.
- Ancienne règle : en vertu du règlement CBAM initial, les envois individuels de marchandises soumises à la CBAM d’une valeur inférieure à 150 euros étaient totalement exemptés des obligations liées à la CBAM, l’évaluation s’effectuant en fonction de chaque envoi.
- Nouvelle règle : les importateurs dont la masse nette cumulée des marchandises concernées reste inférieure à 50 tonnes au cours d'une année civile sont généralement exemptés des obligations liées au CBAM, sous réserve des conditions juridiques détaillées et des règles anti-contournement.
- Champ d'application : s'applique au fer et à l'acier, à l'aluminium, au ciment et aux engrais (plus d'informations sur les engrais ci-dessous). Ne s'applique pas à l'électricité ni à l'hydrogène.
- Pourquoi ce changement ? L'ancienne règle s'appliquait à chaque envoi. La nouvelle règle est cumulative, par importateur et par an, ce qui supprime l'incitation à fractionner les envois pour rester en dessous du plafond.
- Déclaration annuelle : La première date limite pour la déclaration annuelle au titre du CBAM et la remise des certificats est fixée au 30 septembre 2027 pour les émissions intrinsèques liées aux marchandises importées au cours de l'année 2026.
- Valeurs réelles ou par défaut : les importateurs peuvent utiliser les valeurs par défaut fixées par la Commission ou des valeurs réelles. Lorsque des valeurs réelles sont utilisées, les données relatives aux émissions sous-jacentes doivent être vérifiées par un vérificateur accrédité.
- Prix des quotas CBAM : les prix des quotas CBAM sont liés aux prix des quotas du système communautaire d'échange de quotas d'émission (SCEQE).
Rôles et responsabilités
Importateurs de l'UE et fabricants hors UE
En vertu du règlement CBAM, le déclarant CBAM agréé (ACD), qui est généralement l’importateur de l’Union européenne ou un représentant douanier indirect, est légalement responsable du respect de la réglementation au sein de l’Union européenne. L’ACD doit obtenir l’autorisation nécessaire, déposer des déclarations CBAM annuelles, acheter et remettre des certificats CBAM, et conserver les justificatifs attestant des émissions intrinsèques déclarées.
Les émissions intrinsèques elles-mêmes proviennent toutefois de l'installation de fabrication située hors de l'UE qui a produit les marchandises importées. De ce fait, l'opérateur hors UE joue un rôle essentiel dans le processus du CBAM.
Le fabricant est responsable de :
- Mise en place et gestion d'un système de suivi
- Collecte des données d'activité, calcul des émissions intrinsèques
- Répartition des émissions entre les marchandises spécifiques relevant du CBAM et les codes à huit chiffres de la nomenclature combinée (NC)
- Tenir à jour les registres nécessaires pour démontrer la conformité à la méthodologie de la CBAM.
Lorsque les émissions réelles sont déclarées au lieu des valeurs par défaut, le constructeur non européen doit être en mesure de démontrer comment les émissions intrinsèques ont été déterminées. Cela comprend :
- Mise en place d'un plan de suivi documenté
- Documents justificatifs relatifs à la consommation de carburant et d'électricité, aux données de production et aux informations sur les précurseurs
- Calculs d'allocation, procédures de contrôle qualité
- Autres éléments justificatifs requis dans le cadre de la méthodologie de suivi du CBAM
Un vérificateur agréé exerce ses activités en toute indépendance vis-à-vis des deux parties. Il n'effectue pas de calculs d'émissions et ne fournit pas de services de conseil.
Le vérificateur évalue plutôt si les émissions intégrées ont été calculées et imputées conformément aux exigences applicables du CBAM et si les données déclarées ne comportent pas d'inexactitudes significatives. Ce processus aboutit à un rapport de vérification et à une déclaration du vérificateur, et non à un certificat.
Cette relation peut se résumer comme suit :
- L'importateur de l'UE (ACD) est responsable de la conformité au CBAM au sein de l'Union européenne.
- Il incombe au fabricant non membre de l'UE de fournir les données d'émissions justifiant la déclaration CBAM.
- Le vérificateur agréé évalue en toute indépendance les données d'émissions avant qu'elles ne soient utilisées en tant que données réelles vérifiées.
- Les autorités compétentes et le registre CBAM supervisent les activités d'autorisation, de déclaration, de gestion des certificats et de contrôle de l'application dans le cadre de l'UE.
Cette distinction est importante car la vérification au titre du CBAM porte sur le site de production et les données d'émissions qui y sont associées, même si l'obligation légale de déclaration incombe à l'importateur de l'UE.
Quel est l'impact des valeurs par défaut sur votre déclaration CBAM ?
Les valeurs par défaut sont des quantités fixes d'émissions de GES, spécifiques à chaque pays et déterminées en fonction du type de produit, définies par la Commission européenne en vertu du règlement (UE) n° 2025/2621. Ces valeurs par défaut sont également répertoriées et communiquées par l'UE aux producteurs et aux importateurs.
Le recours aux valeurs par défaut lors de la phase définitive entraîne des conséquences financières et économiques réelles, sous la forme d'une majoration comprise entre 10 et 30%. Cette majoration est progressive et s'applique au fil du temps : 10 % en 2026, 20 % en 2027 et 30 % en 2028.
Les valeurs réelles correspondent aux émissions de GES effectivement générées et rejetées par une installation de production donnée. Ces émissions doivent être mesurées et vérifiées selon la méthodologie de l'UE. Les valeurs réelles doivent également être vérifiées par un organisme accrédité, qu'il soit établi ou non dans l'UE, à condition qu'il soit accrédité par un organisme d'accréditation de l'UE.
De plus, il doit s'inscrire dans le cadre d'un système plus large de suivi, de rapport et de vérification, s'appuyant sur un plan de suivi documenté.
En quoi consiste la vérification par un tiers ?
Le CBAM ne laisse pas le choix de recourir ou non à une vérification par un tiers dès lors que vous choisissez de déclarer des valeurs réelles. Un vérificateur agréé doit confirmer ces données avant qu’elles ne soient prises en compte dans votre déclaration. Avant de présenter les étapes de la vérification par un tiers dans le cadre du CBAM, nous allons distinguer les deux acteurs principaux.
L'opérateur de l'UE réceptionne les marchandises soumises au CBAM à la frontière de l'UE, s'enregistre auprès de l'UE, déclare les volumes importés et achète des certificats CBAM. La vérification s'effectue toutefois en dehors de l'UE, auprès des fabricants non européens qui produisent ces marchandises.
Étant donné que la compétence de l'UE s'applique dès l'entrée des marchandises sur son territoire, les fabricants doivent attribuer les émissions intrinsèques (émissions directes et indirectes) à des produits spécifiques, classés selon les codes à six chiffres du Système harmonisé (SH).
Par exemple, si 10 tonnes d'un produit sidérurgique sont exportées vers l'UE, le fabricant doit indiquer les émissions attribuables à ce code SH ainsi que le volume concerné. Une vérification effectuée par un organisme tiers permet de confirmer l'exactitude des chiffres communiqués.
La vérification par un tiers dans le cadre du CBAM encourage la communication des émissions réelles lors de la phase définitive du CBAM. La vérification par un tiers suit la même structure de base pour tous les biens concernés.
Qu'il s'agisse de produits sidérurgiques, d'aluminium, de ciment, d'engrais, d'électricité ou d'hydrogène, le processus suit généralement la même séquence : examen préalable à l'engagement, analyse stratégique, évaluation des risques, examen à distance des documents, analyse des données à partir d'échantillons, vérification des calculs et visite sur site.
Ce qui peut toutefois varier au sein de ce processus, c’est la manière dont le cadre de vérification est appliqué au niveau de l’activité. Chaque secteur de produits concerné par le CBAM dispose de ses propres annexes au sein du règlement d’application du CBAM, qui définissent les valeurs par défaut, les facteurs de calcul et les types d’émissions spécifiques au processus qui doivent être pris en compte. À titre d’exemples concrets, considérons comment :
La production d'acier peut entraîner des émissions liées aux processus de fabrication de l'acier.
La production de ciment implique des processus chimiques liés à la combustion et des émissions spécifiques au clinker.
La fusion de l'aluminium présente un profil d'émissions lié au procédé qui lui est propre.
Le processus de vérification reste le même, mais les justificatifs techniques requis varieront en fonction des produits et des procédés de fabrication. Les importateurs et les fabricants doivent donc se préparer à une structure de vérification commune, tout en prêtant une attention particulière aux exigences spécifiques à leur secteur qui s'appliquent à leurs marchandises.
Vérification par un tiers : le processus par étapes
Sur le plan de l'organisation, la vérification se déroule en deux phases. Elle consiste, en gros, pour environ deux tiers en un examen des documents à distance et pour un tiers en une évaluation sur place. C'est au cours de la phase à distance que s'effectue l'essentiel du travail d'analyse. La visite sur place sert principalement à confirmer les informations et à procéder à des recoupements.
Étape 1 : Examen précontractuel et préparation à la vérification
Avant d'accepter la mission, le vérificateur évalue si la vérification peut être réalisée en garantissant le niveau de compétence requis, l'impartialité, la clarté du périmètre, la disponibilité des données et le temps nécessaire.
C'est le bon point de départ. Cela permet de vérifier si l'opérateur non européen dispose des documents minimaux, de la méthode de suivi et de la traçabilité des données nécessaires à une vérification indépendante. Si l'opérateur n'est pas prêt, une pré-vérification ou une évaluation de l'état de préparation pourrait s'avérer plus appropriée qu'une vérification formelle.
Étape 2 : Le plan de suivi
Le plan de surveillance constitue le principal obstacle pratique de la réglementation. Sans lui, toutes les étapes en aval sont bloquées. Il doit être élaboré et mis en œuvre par l’exploitant. Le règlement d’exécution (UE) n° 2025/2547 de la Commission (annexe II, point A5) énonce au total 22 exigences. Toutefois, les cinq plus importantes sont les suivantes :
- Installation et procédés: description de l'installation et de ses procédés de production
- Produits fabriqués: liste de tous les produits concernés, classés par code NC et par unité fonctionnelle
- Précurseurs: les précurseurs utilisés dans chaque processus de production et, s'ils sont fabriqués dans une autre installation, le nom et le pays d'origine du fournisseur
- Méthodes de suivi: les méthodes utilisées pour le suivi des données relatives à chaque processus de production
- Répartition des émissions: comment les émissions induites sont réparties, au niveau des produits, entre les différents types de produits selon leur code SH.
Ensemble, ces éléments constituent une équation complexe dont la résolution nécessite une grande rigueur. Par exemple, un fabricant peut mener plusieurs procédés au sein d’un même site. Le plan de suivi doit montrer comment il est possible d’attribuer une part spécifique des émissions totales à une tonne d’un produit sidérurgique particulier issu d’un procédé distinct, ou à une tonne d’aluminium relevant d’un code SH spécifique dans le cadre d’un autre procédé.
De plus, elle doit également démontrer, de manière très détaillée, que les processus de l'usine sont conformes aux exigences réglementaires applicables du CBAM.
Étape 3 : Analyse stratégique
Une fois que le vérificateur a reçu l'ensemble des documents pertinents (voir règlement (UE) n° 2025/2551, annexe II, point 2.3), il évalue la nature, l'ampleur et la complexité des processus de production, des filières de production, des précurseurs, des compteurs, des flux de données, des systèmes de données et des interfaces organisationnelles.
Si le fabricant n'est pas prêt, il faudra peut-être combler des lacunes importantes avant que la vérification puisse se dérouler efficacement. L'analyse stratégique définit l'approche globale de la vérification et sert de base à l'évaluation des risques.
Étape 4 : Évaluation des risques
À ce stade, le vérificateur identifie les risques inhérents, les risques liés aux contrôles et les risques de détection susceptibles d'entraîner une anomalie significative dans les données relatives aux émissions intégrées. Il peut s'agir, par exemple, de tableurs remplis manuellement, de l'absence de registres d'étalonnage des compteurs, de données incomplètes sur les précurseurs, de quantités de production incohérentes, d'une attribution peu claire des codes NC, d'un contrôle insuffisant des modifications ou d'une séparation insuffisante des responsabilités.
Le vérificateur classe chaque élément de risque pertinent comme faible, moyen ou élevé. Les mesures de contrôle constituent un élément central de ce dispositif.
Par exemple, la gestion des données d'émissions dans des feuilles de calcul Excel constitue un contrôle moins efficace, car ces feuilles peuvent être facilement modifiées, perdues ou endommagées ; le vérificateur consacre donc davantage de temps à vérifier ces données de manière approfondie. Un système de gestion des données intégré et robuste, dans lequel l'intégrité et la traçabilité des données sont mieux contrôlées, constitue un contrôle plus efficace et peut être considéré comme présentant un faible risque, ce qui réduit le temps consacré à la vérification de cet élément.
Environ deux tiers du temps total consacré à la vérification sont consacrés à cette phase à distance. L'examen des documents, l'évaluation du plan de surveillance, du plan d'implantation de l'installation et des ensembles de données ont tous lieu avant que le vérificateur ne se déplace ou ne se rende sur place.
Étape 5 : Plan de vérification
Le plan de vérification traduit l'analyse stratégique et l'évaluation des risques en activités de vérification spécifiques. Il définit les entretiens, l'examen des documents et des registres, l'échantillonnage des données, les recalculs, les tests de contrôle, les recoupements, les visites sur site, ainsi que le calendrier et les responsabilités de l'équipe de vérification.
Étape 6 : Activités de vérification et visite sur place
La plupart des travaux d'analyse sont généralement réalisés à distance, par l'examen de documents et de données. La visite sur site permet de vérifier que les informations et les données fournies lors des étapes précédentes correspondent bien à l'installation physique et aux pratiques d'exploitation réelles.
Une fois sur place, le vérificateur contrôle les zones de production, les compteurs, les flux de sources, les lieux de stockage, les systèmes de données, les contrôles qualité et les responsabilités du personnel en rapport avec les émissions intrinsèques déclarées.
Outre la visite sur site, le vérificateur procède à une inspection pour vérifier la conformité de l'agencement et de la structure d'installation tels qu'ils sont documentés, puis interroge le personnel afin d'évaluer si les procédures sont bien comprises et mises en œuvre dans la pratique.
La visite sur site nécessite généralement trois équipes :
- Direction générale: la personne chargée d'approuver et de valider les rapports sur les émissions.
- Responsable qualité ou poste équivalent: la personne chargée du système d'assurance qualité (AQ), des audits internes et des procédures opérationnelles.
- Spécialistes opérationnels: personnel chargé de la gestion des données, de l'étalonnage des compteurs, de la maintenance, des achats ou d'autres domaines identifiés dans l'évaluation des risques.
Pour les problèmes liés aux données relevés lors de l'examen à distance, le vérificateur rencontre le responsable afin de comprendre comment les données ont été collectées, calculées, analysées et présentées.
Étape 7 : Mise en œuvre de la méthodologie et vérifications des affectations
Au cours de cette étape, des vérifications sont effectuées afin de s'assurer que la méthodologie de suivi décrite dans le plan de suivi a été correctement mise en œuvre et que le calcul est conforme aux exigences de la CBAM. Parmi les vérifications importantes, on peut citer :
- Exhaustivité des flux de sources et des sources d'émissions
- Prise en compte correcte des émissions directes et indirectes
- Traitement adéquat des précurseurs
- Facteurs de calcul valides
- Quantités de production et unités fonctionnelles correctes
- Répartition correcte des émissions intrinsèques entre les marchandises et les catégories CN / SH
Étape 8 : Anomalies, non-conformités et mesures correctives
Lorsque le vérificateur identifie des inexactitudes significatives ou des non-conformités, l'opérateur doit en être informé sans délai et se voir offrir la possibilité de corriger les données ou de régler le problème constaté. Si les problèmes constatés ne sont pas résolus, la conclusion de la vérification devra éventuellement refléter la question en suspens.
Étape 9 : Rapport d'examen et de vérification indépendants
Avant leur délivrance, le dossier de vérification et la conclusion font l’objet d’un examen indépendant au sein de l’organisme de vérification. Le document final est un rapport de vérification CBAM et une déclaration du vérificateur, accompagnés, le cas échéant, d’une conclusion d’assurance raisonnable. Il ne s’agit pas d’un certificat.
Le livrable de vérification est le document écrit officiel issu d’une évaluation « SCS Global Services » des données d’émissions liées au CBAM. Il confirme si les émissions attribuées à un produit spécifique couvert par le CBAM, à un code SH et à un volume de déclaration ont été évaluées au regard des exigences du CBAM et vérifiées, avec une conclusion offrant une assurance raisonnable. Ce rapport a un caractère diagnostique ; l’évaluation « SCS Global Services » identifie les lacunes mais ne recommande ni ne met en œuvre de solutions.
Pourquoi la plupart des importateurs soumis au CBAM continuent-ils d'utiliser les valeurs par défaut ?
Au troisième trimestre 2024, plus de 50 % des importateurs utilisaient encore les valeurs par défaut, alors qu'ils étaient censés déclarer les valeurs réelles à compter du mois d'août 2024. Les données de 2026 devant être déclarées en 2027, le choix entre les valeurs vérifiées et les valeurs par défaut revêt désormais une réelle importance financière.
Dans le cadre de cette phase définitive du CBAM, les constructeurs sont confrontés à un choix clair : soit fournir des données vérifiées sur leurs émissions réelles, soit se baser sur les valeurs par défaut du CBAM, qui s’accompagnent d’une majoration importante allant de 10 à 30 %.
Les valeurs par défaut sont fixées de manière prudente, à un niveau supérieur aux émissions réelles d'une installation ; les données vérifiées s'avèrent donc presque toujours inférieures. Des chiffres plus bas signifient que l'opérateur européen a besoin d'un nombre moindre de certificats CBAM pour couvrir le même volume d'importations, et un nombre moindre de certificats implique un coût moindre.
Il s'agit là d'une véritable opportunité qu'il est facile de laisser passer. Les fabricants n'ont pas besoin d'attendre 2027 pour se lancer. L'examen de la documentation et la validation de votre processus de collecte de données peuvent débuter dès le quatrième trimestre 2026.
Cela revêt une importance particulière en raison du fonctionnement du système d'attribution gratuite. À l'heure actuelle, une partie du volume de chaque importateur ne nécessite aucun certificat CBAM, ce qui allège le coût lié au maintien des paramètres par défaut. Mais cette part gratuite diminue chaque année. Et c'est là que la pré-vérification entre en jeu.
Qu'est-ce que la pré-vérification CBAM ?
La pré-vérification est une évaluation de l'état de préparation ou une analyse des lacunes qui permet de déterminer si le plan de surveillance, la traçabilité des données, les contrôles et la méthodologie d'allocation de l'opérateur semblent prêts pour une vérification formelle. Il s'agit d'un outil de diagnostic et non d'un service de conseil visant à concevoir, mettre en œuvre ou gérer le système CBAM de l'opérateur, dans la mesure où cela compromettrait l'impartialité.
Pour les opérateurs hors UE
Le principal bénéficiaire de la pré-vérification dans le cadre du CBAM est l’exploitant d’une installation située hors de l’UE qui souhaite fournir à ses clients de l’UE des données vérifiées sur ses émissions réelles. Une évaluation de l’état de préparation permet de vérifier si l’exploitant est en mesure de démontrer les limites de son installation, ses processus de production, ses flux de sources, le traitement des précurseurs, sa consommation d’électricité, ses méthodes de calcul, ses quantités produites, l’affectation des produits et ses contrôles internes.
Pour les opérateurs de l'UE, le processus de pré-vérification dans le cadre du CBAM se déroule en trois étapes.
Étape 1 : Cartographie de la chaîne d'approvisionnement
C'est toujours la première étape au cours de laquelle les équipes d'SCS Global Services posent la question suivante : « Comprenez-vous parfaitement votre chaîne d'approvisionnement et, si oui, comment pouvez-vous étayer cette compréhension par des informations vérifiables ? » Étant donné que de nombreux déclarants de l'UE s'approvisionnent auprès de négociants sans avoir de visibilité sur le fabricant réel, c'est souvent là que se manifestent les lacunes les plus fondamentales.
Tant que l'opérateur n'aura pas pu identifier les fabricants responsables des marchandises concernées par le CBAM, aucune préparation ultérieure n'aura de sens.
Étape 2 : Enregistrement et vérification de la conformité
L'opérateur doit être enregistré en tant que déclarant CBAM agréé (ACD) et doit transmettre des rapports trimestriels. La phase définitive du CBAM étant désormais en vigueur, les obligations des opérateurs sont permanentes et le risque de non-conformité est bien réel.
Des frais supplémentaires peuvent être exigés et, ce qui est peut-être le plus frustrant, les marchandises peuvent être bloquées au port en l'absence des documents requis.
Étape 3 : Préparation des systèmes
L'opérateur est-il en mesure d'identifier ses fournisseurs, de gérer en interne les données relatives à la CBAM et de transmettre des rapports trimestriels à l'UE ? Nos équipes identifient les lacunes en matière de données et de méthodologie par rapport aux exigences réglementaires, en passant en revue une liste de contrôle de pré-vérification destinée aux opérateurs. Il s'agit d'un document structuré couvrant tous les aspects de la préparation opérationnelle.
Tous les éléments nécessaires à l'identification des fournisseurs, à la mise en conformité des systèmes internes avec le CBAM et à l'établissement des rapports trimestriels sont passés en revue. Nous proposons aux opérateurs une liste de contrôle interne de pré-vérification qui couvre toutes les étapes. Le service s'articule autour de l'application systématique de cette liste de contrôle.
Pour replacer les choses dans leur contexte, l'SCS Global Services est l'une des premières organisations en Europe à avoir vu sa demande d'accréditation CBAM acceptée par le RvA (Raad voor Accreditatie, l'organisme national néerlandais d'accréditation), l'accréditation complète étant prévue d'ici fin 2026. Découvrez où en sont vos données CBAM avant la date limite de 2027. Contactez-nous pour discuter d'une évaluation préalable à la vérification.
À l'attention des importateurs de l'UE et des ACD
Les importateurs de l'UE peuvent avoir besoin d'un accompagnement pour cartographier leur chaîne d'approvisionnement et se préparer à la CBAM, mais ils ne font pas l'objet, à titre personnel, d'une vérification des émissions intrinsèques d'une installation, à moins qu'ils ne soient également l'exploitant de l'installation de production. Pour les ACD, l'accent est généralement mis sur l'identification des fournisseurs, la collecte de données auprès d'exploitants hors UE, la déclaration au registre, la gestion des certificats et la conservation des justificatifs.
Comment le champ d'application de la CBAM va-t-il s'étendre d'ici 2028 ?
D'ici 2028, 180 produits en aval supplémentaires issus de l'acier et de l'aluminium entreront dans le champ d'application du CBAM. Pour les entreprises qui ne sont pas encore soumises au CBAM, la décision d'envisager dès maintenant de se préparer à la vérification relève d'un choix économique et non réglementaire.
En d’autres termes, il n’existe aucun mécanisme permettant d’exiger des entreprises qui ne sont actuellement pas concernées qu’elles disposent de chiffres réels vérifiés. En vertu des règles en vigueur, les opérateurs peuvent continuer à utiliser des valeurs par défaut lorsque cela est autorisé, à condition d’assumer les coûts associés (voir la section ci-dessus intitulée « Le coût des valeurs par défaut »).
En conservant les valeurs par défaut, l'importateur de l'UE finit par acheter davantage de certificats CBAM qu'il ne le ferait s'il utilisait des valeurs réelles vérifiées.
Cet écart devient chaque année plus coûteux, à mesure que le système d'allocation gratuite est progressivement supprimé d'ici à 2034. La décision de passer ou non au système des émissions réelles vérifiées doit être prise conjointement par l'importateur de l'UE et le fabricant hors UE qui fournit les marchandises. »
Et bien qu’il n’y ait pas de calendrier obligatoire, les entreprises qui tardent à prendre cette décision devront faire face à une mise en route plus difficile par la suite. Pour celles qui entreront dans le champ d’application en 2028, la pré-vérification offre une voie pratique : identifier dès maintenant les lacunes, y remédier en 2026 et 2027, et aborder le premier cycle de vérification obligatoire en étant bien préparées. Attendre le début de la vérification officielle pourrait ne laisser que quelques semaines pour résoudre des problèmes qui auraient pu être évités.
Bien que le règlement d'application du CBAM soit mis à jour chaque année, le cadre de calcul des émissions intégrées devrait rester stable, car il sert de base à la tarification du CBAM, aux déclarations et aux calculs relatifs à la chaîne d'approvisionnement.
Les futures mises à jour devraient surtout concerner les procédures de vérification, les audits d'accréditation, les visites sur site et les exigences relatives à la taille des échantillons. Les fabricants doivent suivre de près ces changements, mais la méthode de calcul qu'ils mettent en place aujourd'hui devrait rester valable.
Vous avez besoin d'aide pour la pré-vérification CBAM ou la vérification par un tiers ?
SCS Global Services effectue une analyse complète des écarts par rapport aux exigences de la CBAM en matière de données et de méthodologie, puis vous explique en détail ce que la réglementation attend de votre organisation, quel que soit votre lieu d'implantation. Étant l'un des premiers organismes en Europe à avoir vu sa demande d'accréditation CBAM acceptée par la RVA, nous sommes prêts à vous aider à vous y retrouver dans les exigences de la CBAM.
Que vous hésitiez entre les valeurs par défaut et la vérification, ou que vous ne sachiez même pas où en sont vos données, la meilleure chose à faire est de vous renseigner dès maintenant, tant que vous maîtrisez encore le calendrier. Contactez notre équipe pour définir le périmètre d'une évaluation préalable à la vérification.
Foire aux questions (FAQ)
1) Qu'est-ce que la vérification CBAM, et est-elle obligatoire ?
La vérification CBAM consiste en une évaluation indépendante, réalisée par un organisme tiers, des données relatives aux émissions au niveau des produits d'un fabricant non européen. Elle n'est pas obligatoire au sens où chaque importateur serait tenu de la faire effectuer. Ce qui est obligatoire, en revanche, c'est la déclaration annuelle et la remise du certificat, que les données sous-jacentes aient été vérifiées ou qu'elles reposent sur des valeurs par défaut.
La vérification n'est nécessaire que si vous souhaitez déclarer vos émissions réelles plutôt que les valeurs par défaut. Sans cette vérification, les données ne peuvent pas être utilisées pour étayer la déclaration CBAM, et vous devrez alors vous rabattre sur les valeurs par défaut et la majoration qui en découle.
2) Que vérifie exactement la vérification par un tiers dans le cadre du CBAM ?
La vérification par un tiers dans le cadre du CBAM consiste en un examen structuré visant à déterminer si un fabricant non européen est en mesure d'étayer les émissions déclarées au niveau des produits à l'aide de données fiables, de procédures documentées et d'une méthodologie d'attribution conforme.
Le processus comprend :
- Vérification précontractuelle
- Plan de suivi et examen de la documentation
- Analyse stratégique
- Évaluation des risques
- Plan de vérification
- Activités de vérification et visite sur place
- vérifications relatives à la mise en œuvre de la méthodologie et à la répartition des ressources
- Anomalies, non-conformités et mesures correctives, ainsi que
- Rapport d'examen et de vérification indépendant.
3) Quelle est la date limite pour la première remise des certificats CBAM ?
Les importateurs de l'UE de marchandises relevant du CBAM doivent obtenir le statut de déclarants CBAM agréés ; ils doivent déclarer les émissions intégrées et s'acquitter des obligations financières associées. La première déclaration CBAM et la restitution des certificats correspondants doivent être effectuées au plus tard le 30 septembre 2027.
4) En quoi consiste le seuil de 50 tonnes du CBAM, et à qui s'applique-t-il?
Les importateurs de l'UE, ou leurs représentants douaniers indirects, doivent demander le statut de déclarant CBAM agréé (ACD) s'ils importent plus de 50 tonnes de marchandises relevant du CBAM dans l'UE.
Une fois agréés, les importateurs devront :
acheter des certificats CBAM auprès des autorités nationales de leur pays d'établissement ;
déclarer chaque année les émissions intrinsèques liées à leurs marchandises importées ;
remettre chaque année le nombre correspondant de certificats CBAM ; et
déduire toute redevance carbone éligible déjà acquittée au cours de la production, à condition de pouvoir en apporter la preuve.
Les prix des certificats sont indexés sur les prix d'adjudication des quotas du système communautaire d'échange de quotas d'émission (SCEQE), exprimés en euros par tonne de CO₂ émise. En 2026, les prix sont calculés sur la base d'une moyenne trimestrielle ; à partir de 2027, ils sont calculés sur la base d'une moyenne hebdomadaire.
5) Quel sera le coût lié à l'utilisation des valeurs par défaut du CBAM en 2026 ?
Les valeurs par défaut sont désormais majorées de 10 à 30 %, ce qui rend de plus en plus coûteux le fait de ne pas effectuer les déclarations requises. Cette majoration est progressive et s'applique au fil du temps : 10 % en 2026, 20 % en 2027 et 30 % en 2028.
6) Quelle est l'amende en cas de non-présentation d'un nombre suffisant de certificats CBAM ?
Au cours de la période définitive, qui a débuté en janvier 2026, le coût par tonne de CO₂e s'élève à 100 euros ; en outre, les importateurs doivent s'acquitter d'une redevance correspondant à tout sous-déclaration des émissions de CO₂. Cette redevance s'applique spécifiquement au défaut de remise d'un nombre suffisant de quotas, ce qui constitue un manquement aux obligations réglementaires.
7) Quelles sont les valeurs par défaut applicables aux engrais dans le cadre du CBAM ?
Compte tenu de l’importance cruciale des engrais dans le système alimentaire mondial, la Commission européenne a décidé de plafonner leur valeur par défaut afin de préserver la sécurité alimentaire et d’ endiguer la hausse excessive des prix agricoles. À cette fin, les engrais font l’objet d’un traitement différencié dans le cadre du CBAM et sont soumis à une majoration de leur valeur par défaut nettement inférieure, fixée à 1 %.
8) Qu'est-ce qu'un déclarant agréé CBAM (ACD) et comment puis-je en faire la demande?
Un déclarant CBAM agréé (ACD) est l’importateur ou le représentant douanier indirect habilité à importer dans l’UE des marchandises relevant du CBAM. L’ACD est chargé de déclarer les émissions intrinsèques, d’acheter et de remettre les certificats CBAM, ainsi que de conserver les pièces justificatives à l’appui de la déclaration.
Les importateurs de l'UE ou leurs représentants douaniers indirects doivent demander le statut d'ACD s'ils importent plus de 50 tonnes de marchandises relevant du CBAM par an. Les demandes sont déposées via le module de gestion des autorisations du registre CBAM et examinées par l'autorité nationale compétente du pays où le demandeur est établi.
Références juridiques
- Règlement (UE) n° 2023/956 instituant le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM). https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2023/956/oj/eng
- Règlement (UE) n° 2025/2083 modifiant le règlement (UE) n° 2023/956 en ce qui concerne la simplification et le renforcement du CBAM, notamment en ce qui concerne le seuil unique basé sur la masse et les dispositions relatives à l'ACD. https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2025/2083/oj/eng
- Règlement d'exécution (UE) 2025/2547 de la Commission relatif aux méthodes de calcul des émissions inhérentes aux biens. https://eur-lex.europa.eu/eli/reg_impl/2025/2547/oj/eng
- Règlement délégué (UE) 2025/2551 de la Commission relatif aux conditions d'octroi de l'accréditation aux vérificateurs du CBAM et à la surveillance des vérificateurs accrédités. https://eur-lex.europa.eu/eli/reg_del/2025/2551/oj/eng
- Règlement d'exécution (UE) 2025/2621 de la Commission portant fixation des valeurs par défaut du CBAM, y compris les majorations applicables à ces valeurs. https://eur-lex.europa.eu/eli/reg_impl/2025/2621/oj/eng
- Page d'information et guide de la Commission européenne sur le CBAM, comprenant des mises à jour sur la mise en œuvre et des informations pratiques destinées aux importateurs et aux déclarants. https://taxation-customs.ec.europa.eu/carbon-border-adjustment-mechanism_en